Je souffre donc je crée.
J'écoute de la musique. Je pense à mes amis. Je pense à cette femme que j'aime depuis janvier 2002. Je pense à moi. J'écris sur ce que je pense.
J'ai juste un gros problème ; je repousse le temps.
J'ai peur de souffrir. Je souffre à ne rien faire. Alors souffrai-je de vivre?
Y a-t-il un moyen de ne pas souffrir?
Il y a des gens qui neutralisent leur souffrance, mais neutralisent leur conscience en même temps (quelques fois sans possibilité de retour). Il y a plusieurs moyens utilisés.
La drogue biologique du corps générée par l'action (sportive, intellectuelle, sexuelle, hormonale) peut neutraliser fortement la souffrance pendant l'extase d'un accomplissement.
Il y a la drogue extérieure (médicaments, légale, illégale, volontaire, involontaire) qui peut varier le niveau de conscience de notre souffrance tout en risquant de faire une overdose.
Il y a aussi le cerveau lui-même qui (consciemment ou inconsciemment) développe une certaine perception de la souffrance. Pour le même stimulus, certains ressentiront une grande souffrance, d'autres ne sentiront aucune différence. C'est le cerveau qui analyse toutes les informations transmisent pas nos neuro-transmetteurs. Si le cerveau déforme, amplifie ou neutralise la souffrance, alors la réaction de survie face à cette souffrance peut être inappropriée, exagérée ou nulle. Ce qu'on appelle de la folie, de l'hypersensibilité, de l'insensibilité.
Mais qu'est-ce que la souffrance?
Ça pourrait être la douleur physique, biologique, collective, spirituelle. Cette douleur peut être causée par la déformation, la violence, l'incompréhension, l'inaction, la disparition, la trahison, la technologie, la guerre, la pollution, l'isolement, la censure, l'obligation, l'injustice, etc. Bref, tout ce qui fait partie du monde humain. C'est l'humain qui croit en la souffrance, l'analyse, la calcule, l'augmente, la diminue, joue avec la souffrance.
Pourquoi l'être humain souffre-t-il et fait-il souffrir à la fois?
Je crois personnellement que nous avons la mission de vivre avec la souffrance. Il est impossible d'empêcher toute souffrance. Une seule personne ne peut tout changer. En fait nous devons apprendre à agir ensemble et s'unir pour amortir la souffrance. Il y aura toujours le danger que la conscience telle qu'on la connait disparaisse de l'univers entier. Pourtant, même si le temps est compté, le temps n'existe pas, seuls les mouvements restent et l'indiquent.
Alors qu'attendons-nous pour bouger le temps en faisant des choix collectifs à l'image d'une société qui vit avec la souffrance, le plus longtemps possible?
Si l'individualisme d'un fou, d'un hypersensible ou d'un insensible de la souffrance met en péril la survie de l'humanité entière, peut-être comprendrons-nous que nous sommes dépendants de la collectivité afin de survivre. J'espère que plusieurs personnes s'uniront avant d'arriver à ce point de non-retour.
J'en viens à croire que je suis née pour souffrir ma vie le temps que j'en suis consciente. J'ai le choix de la souffrir afin de nourrir mon individualisme ou de nourrir ma collectivité. J'utilise consciemment l'énergie que la collectivité m'a donnée afin de créer une possibilité d'avenir pour tout ce que j'aime. Mon individualisme est alors nourrit car je deviens tout ce que j'aime.
L'avenir c'est la création collective valorisant ce qu'on aime. C'est en partageant nos talents qu'on peut créer collectivement un extase d'accomplissement qui neutralise la souffrance collective.
Si on a l'impression de ne pas être aimé individuellement, on peut avoir des chances d'être aimé collectivement en aidant les autres sans rien attendre en retour.
Si on aime une personne de toute notre passion et qu'elle ne nous parle plus, il est possible de l'aimer en aimant notre collectivité. Notre amour rejoindra l'autre indirectement un jour ou l'autre. Car nous avons toujours besoin de notre collectivité pour survivre.
En faisant des choix diminuant le risque de faire souffrir ce qu'on aime, nous amélioront la vie collective. Ces choix nous ferons plus souffrir individuellement mais influençeront peut-être notre entourage. En s'unissant à ceux qui partagent nos valeurs nous augmentons la portée de notre action individuelle.
En étant plusieurs à souffrir pour le même but, nous diminuons notre souffrance individuelle à atteindre ce but. Car à plusieurs, la pensée est plus rapide. Finalement, notre souffrance sera neutralisée au moment de l'accomplissement de notre but collectif. Cette union et cet accomplissement seront à préserver en accomplissant d'autres buts collectifs.
Ces actions collectives auront éventuellement une répercussion sur nos propres passions. Cet accomplissement individuel aura été amplifié par la collectivité. L'extase de cet accomplissement neutralisera encore plus de souffrance individuelle et collective.
Je souffre donc je crée
ce que j'aime pour neutraliser momentanément la souffrance collective. C'est ma façon de repousser le temps de la souffrance. Ma conscience désire une collectivité qui crée l'amour collectivement et neutralise la souffrance afin de repousser l'échéance du temps de la disparition de notre conscience collective. Vive la vie!
par procrastinatrice | le 2004-06-11 23:57:11 | PERMALIEN
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